Césars Oscars 2008, un bon cru ?

Publié le par ES

Ces 22 et 24 févriers derniers, toutes les stars ont ressorti strass et paillettes pour se ruer sur le tapis rouge. Deux jours, deux cérémonies, deux ambiances. Encore une célébration du cinéma français où l’animateur (Antoine De Caunes) a peiné à dynamiser la salle, pas vraiment réactive aux tentatives humoristiques, alors que l’assistance répondait favorablement aux plaisanteries de Jon Stewart. Qu’en est-il du palmarès ?
    La grande gagnante aura certainement été Marion Cotillard (meilleure actrice) avec son doublé attendrissement, ses larmes, son sourire et son anglais parfait. Certains diront qu’on récompense plus la performance que le jeu d’acteur, mais en l’occurrence, il serait difficile de ne pas reconnaître le mérite de la comédienne dans son incarnation d’Edith Piaf. Autre point commun entre les deux palmarès, des résultats assez prévisibles.
Côté français, La Graine et le Mulet (nouveau film d’A. Kechiche, déjà césarisé pour L’Esquive en 2005 ) rafle quatre récompenses parmi meilleur film, réalisateur, meilleur scénario original et second rôle féminin. La vie en rose d’O. Dahan (biopic de la vie d’Edith Piaf) et ses cinq récompenses dont meilleurs costumes et décors récolte ce qu’elle avait semé. Persépolis et ses deux césars (meilleure adaptation et première œuvre) confirme les pressentiments du dernier festival de Canne, et La vie des Autres (succès Allemand 2007) est primé meilleur film étranger. Mathieu Amalric reçoit la récompense du meilleur acteur pour sa performance dans le scaphandre et le papillon. Seul vrai perdant de la soirée, Un Secret, nommé onze fois, ne rapporte qu’une seule récompense, celle du second rôle féminin pour Julie Depardieu.
    Les Oscars n’auront pas oublié le cinéma français cette année en le gratifiant de trois oscars dont meilleure actrice, meilleur maquillage (La Vie en Rose) et Court Métrage. Par contre, Persépolis s’incline devant Ratatouille, film Pixar esthétiquement splendide, pour l’Oscar du meilleur film d’animation ; et le Scaphandre et le Papillon, pourtant nommé quatre fois, n’obtient aucune statuette. Grand champion de la cérémonie, No Country For Old Men des Frères Cohen reçoit quatre Oscars dont celui de meilleur film, meilleur réalisateur et second rôle masculin pour un Javier Bardem époustouflant. There will be blood (film sensation de P. T. Anderson) gagne deux statuettes dont celle de meilleur acteur pour un Daniel D. Lewis grandiose. Enfin, the Bourne Ultimatum surprend en obtenant trois récompenses techniques dont meilleur montage, son et mixage. Les autres films n’emportent qu’un Oscar chacun, Juno pour son scénario, La Boussole d’or pour les effets visuels, Atonement pour la musique, Elizabeth :l’âge d’or pour les costumes, Sweeney Todd (le dernier de Tim Burton) pour la direction artistique et Michael Clayton pour Tilda Swinton en second rôle féminin. L’académie a ainsi réparti les récompenses de manière équitable face à un cru plutôt bon, ne laissant que peu de déceptions, dont Into the Wild de Sean Penn et The Assassination of Jessy James by the Coward Robert Redford  qui n’obtiennent malheureusement rien.
    Pas de coup de théâtre donc cette année, mais des films de bonne qualité primés à leur juste valeur. Espérons que 2009 soit aussi éblouissant.

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