Le scaphandre et le papillon.

Publié le par ES

Article paru dans le journal La Rotonde (université d'Ottawa).

Imaginez-vous alité dans une chambre d’hôpital, incapable de bouger si ce n’est une paupière pour communiquer, le reste de votre corps étant hors d’usage à cause d’une maladie provoquée par un accident vasculaire. Coincé dans un corps, entendant les bruits de loin, supportant les regards des visiteurs, des infirmiers, d’étrangers vous classant directement dans la catégorie légume. Non, il ne s’agit pas d’un cauchemar, mais de la véritable histoire de Jean-Dominique Bauby, un ancien rédacteur en chef du magazine Elle, qui surmontant la souffrance de son handicap est parvenu à écrire un magnifique livre empreint de poésie et d’espoir intitulé Le Scaphandre et le Papillon.
Julian Schnabel a entrepris de porter à l’écran ce roman poignant et a offert le rôle délicat de J.D. Bauby à Mathieu Amalric (récompensé d’un César pour son jeu). Le film est un des plus réussis de l’année 2007, un des rares à aborder la question de la maladie avec une telle force sans pour autant tomber dans le larmoyant, comme l’avait aussi réussi Les Invasions Barbares et Mar Adentro. 
Tout est dans la mesure. Le Scaphandre, cette chape de plomb qui cloue le personnage dans un mutisme et une immobilité effrayante, est parfaitement restituée en employant la vue subjective de J.D. Bauby durant la première heure. Claustrophobe s’abstenir. Le Papillon, c’est la ribambelle d’actrices enchanteresses autour d’Amalric, la candeur de l’enfance entourant ce père abîmé. Ce Papillon voltige dans des séquences lyriques aux images sublimes et parfaitement soignées.
Tout passe en un battement de cil. Schnabel promène le spectateur entre Paris, Berck (nord de la France) et Lourdes (Sud de la France). Tout passe en un battement d’aile et l’on ressort le cœur gonflé de sympathie pour l’homme. Magnifique film donc qui ne laissera personne insensible. Et je vous mets au défi de ne pas pleurer à la fin.

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eTieNne 01/07/2008 16:22

J'ai vu ce film il y a deux jours à peine.

C'est vrai qu'il restitue une ambiance angoissante, originale, à laquelle je n'avais jamais été sensibilisé, malgrè mon domaine d'étude.
Le Locked-in syndrome n'était qu'un paragraphe d'un de mes cours de neurologie. Desormais, cette maladie a pris dans ma tête un véritable sens sociologique, personnel, existentiel. Plus que l'intérêt scientifique, c'est certainement cet aspect là qui est le plus important dans une telle situation.

Je retiendrais donc ce film plus pour son intérêt pédagogique que pour la reelle performance cinématographique. Mais le cinéma au service de la pédagogie est en soi une performance ... =)