Hulk versus The Incredible Hulk : Changement de vitesse.

Publié le par ES

Ang Lee n’a pas toujours été le réalisateur de Brokeback Mountain. Avant, il s’était aussi fourvoyé du côté hollywoodien en tentant pitoyablement d’adapter un comics difficile à adapter : Hulk. A renfort d’une ou deux stars comme Eric Banna et Jennifer Connelly, d’effets spéciaux moyens et d’un scénario bancale. L’homme peinait à nous présenter l’histoire de ce scientifique passé sous rayons nucléaire qui devient tout vert quand il s’énerve. Un début plutôt prometteur (l’explosion de la bombe nucléaire pas loin de la maison familial, trauma dont Bruce avait des difficultés à se souvenir), un jeu de courses poursuites plus ou moins bien rythmé et quelques petites choses agréables, voilà les points intéressants dans ce film qui malheureusement n’emportait pas franchement la victoire, malgré un score moyen côté US. L’histoire des chiens du papa méchant devenus des bêtes féroces qui attaquent la belle promise du géant vert, des scènes peu réussies, des militaires grand guignols et un Hulk en demi-teinte qui finissait par fuir dans la forêt amazonienne (ou équivalent). Il fallait réussir à ne pas enterrer trop vite l’ogre complexé. Pour cela, c’est un Français (cocorico sur le cinéma Français dont certains réalisateurs sont de plus en plus appelés pour les films à gros budgets hollywoodiens, pour le pire et le meilleur) Louis Leterrier (Le transporteur, Danny the dog) qui a été choisi. Il faut relancer la machine essayer de sauver Hulk en revenant aux origines de l’Incroyable Hulk (surenchère et retour au titre original). Hulk malheureusement n’aura jamais la puissance d’un Batman, ou d’un X-men. Pourtant, voilà une suite moins lourde et ennuyeuse. Première bonne nouvelle, Leterrier n’essaie pas de reprendre depuis le début. Il passe la biographie de Bruce durant le générique initial afin de repartir là où Ang Lee laissait son héros, dans le sud, dans une contrée foisonnante, humide où le héros essaie d’apprendre à se contrôler tout en cherchant un sérum pour détruire le monstre qu’il a en lui. Edward Norton, Liv Tylor, Tim Roth, les noms des acteurs restent aussi intéressants si ce n’est plus avec ces deux grands acteurs que sont Norton et Roth.  
Il faut le dire, sur le plan narratif, le schéma ne varie guère du premier opus : course poursuite, retrouvaille amoureuse, aide du héros contre un ennemi qui arrive à la fin bien qu’il ne soit pas vraiment surprenant, quelques difficultés pour le vaincre mais la victoire au bout et le héros repart dans sa jungle, acceptant un peu plus son existence et sa différence. Car comme dans toute histoire de super héros, l’un des messages reste l’acceptation de la différence. La différence par rapport au premier, la forme et le rythme. Louis Leterrier est un habitué des films sportifs à l’allure haletante. Les scènes s’enchaînent sans beaucoup de temps mort. Il emploie de plus beaucoup de références à d’autres films. Ainsi, la poursuite dans la ville du début rappelle celle de Bourne Ultimatum avec Matt Damon dans Tanger. L’aspect universitaire, plus exploité que dans le premier, évoque les X-men ou encore Spiderman. La scène dans la grotte entre Hulk et sa bien-aimée ressemble étrangement à la scène où King Kong tombait amoureux de Naomi Watts sous Peter Jackson. Et cela ne gêne pas beaucoup. Loin de faire une simple copie, Leterrier trouve ainsi de quoi exploiter les deux grandes facettes de Hulk, l’aspect action testostérone couleur verte et la psychologie torturé d’un homme qui ressemble de plus en plus au Docteur Hide et mister Jekyll.
Dernier fait remarquable dans ce nouvel opus, qui confirme une tendance des films de super-héros, annonçant peut-être un prochain Ligue des Justiciers qui réunirait un bon nombre de mutants, l’ultime scène affiche la rencontre du général d’un côté et de Tony Stark (Robert Downey J.) pour s’échanger des informations et des armes de guerre. Ironman finissait lui aussi sur l’apparition en scène finale de S.L Jackson annonçant avec ironie qu’il n’est pas le seul héros sur terre. Un écho entre deux films qui rappelle ainsi l’humour qui teinte par moment les films de comics. Un Hulk Incroyable toujours aussi dur à adapter, mais un Hulk plutôt réussi qui offre un bon moment de divertissement sans laisser de traces indéfectibles, reste cependant, que reprendre ce personnage en y insufflant un nouvel esprit n’est pas dépourvu d’intérêt.

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