Séries, Nouvel Episode.

Publié le par ES

    Plus qu’un mois avant de découvrir les nouveautés côté télé, les saisons américaines qui déboulent et les productions à la Françaises qu’on ne peut qu’espérer de bon niveau. Avant cet arrivage, retour sur quelques séries de fin d’année qui ont su se démarquer.
    Côté US, alors que la saison un a déjà été diffusé sur M6, Kyle XY présente la suite, plus longue et toujours plus compliqué. Pour revenir sur la première saison, le pitch était plutôt prometteur. Un jeune homme trouvé nu dans une forêt, amnésique, se voyait confié à une famille tranquille dont la mère était psy. Un homme l’observe de loin. Un mort est découvert tandis qu’on se rend compte combien le jeune homme, Kyle, est différent et extraordinaire. Il saute d’un toit sans heurt, a une mémoire photographique hors norme, connaît beaucoup de choses, parvient à entendre des conservations de loin, à bouger des verres. Alors quoi ? Qui est-il ? C’est la question qui rôde au long des saisons. Est-il un alien comme le jeune fils de la famille d’accueil nous le fait croire ? Un clone ? Comme on se l’imagine rapidement ? Et bien oui, c’est un clone, pas de grosse surprise, il s’agit ensuite de comprendre ce qui s’est produit, qui sont les gens derrière cela…. Oscillant entre le John Doe, le X Files etc… et le Falcon Beach, Kyle XY a innové en jouant sur les deux niveaux de lecture. Pour les habitués des séries teenages avec problèmes de cœur, conflits familiaux et grosse crise existentielle, ils ne seront pas vraiment dépaysés, pour les amateurs de l’étrange, il y aura de quoi se contenter aussi. Inégale, la série offre quelques bons moments, notamment lors des premiers épisodes où un homme se retrouve confronté à la réalité du quotidien des adolescents. Quelques bonnes idées, pas mal de récup sur différents fronts et on obtient pour la première saison des épisodes qui s’enchaînent et qu’il est difficile de ne pas regarde tant on veut savoir ce qu’il en est. La deuxième saison démarre sans aucune mise en bouche, on suit exactement la même histoire avec les pistes qui avaient été soulevées à la fin de la saison une. Kyle revient dans sa famille, la société secrète tente toujours de s’emparer de son savoir, les méchants sont cachés, les gens se mentent, les situations sont plus périlleuses. Ajoutons-y un autre clone, féminin cette fois, pour recréer des situations un peu surnaturelle, et on continue de piocher dans le cinéma de genre. Entre des emprunts à The Island  ou à Terminator, la saison s’enfile sans trop de problèmes, la surprise de la première saison ne se retrouvant plus vraiment. Quoi qu’il en soit, Kyle XY a trouvé une plage qui n’existait pas, un ton par moment personnel qui envoûte et donne envie de continuer, bien qu’on sache que ça peut ne jamais finir. A la façon des films Resident Evil, à chaque fois que les protagonistes démontent la société ennemi, un siège supérieur apparaît, comme des niveaux de jeux vidéos. A voir pour le plaisir.
    Dans le même constat de suite qui déçoivent un brin. Weeds, LA série de Showtime sur une famille de dealer d’herbe, s’enlise. La saison 3 finissait sur une maîtrise parfaite (cf, article sur Weeds), à l’exception de la toute scène finale. La saison 4 ne parvient pas à relancer un souffle nouveau. Les mêmes personnages, en cavale, l’ambiance change, le quotidien satirique de la banlieue s’évanouit. Certes le ton demeure, les scènes improbables et géniales sont encore présentes, mais l’intérêt de la saison 4 ne s’élève guère, donnant davantage l’impression qu’il fallait souffler sur les braises que de créer un nouveau feu.

Côté français, Canal continue encore une fois de produire des séries de qualité qui nous laisse songer à un avenir prometteur. Après des séries comme Nos enfants chéris pour l’humour, Engrenage pour le policier, ou les séries courtes et historiques, la chaîne a proposé pour le printemps la série Hard. Pour aller droit au but, le majeur défaut de la série était sûrement sa durée, trop courte. Une bonne idée de départ : une femme au foyer perd son mari et découvre qu’il tenait une grosse maison de production de films porno, elle doit reprendre le flambeau alors qu’elle serait plus du genre retraite dans un couvent. Devant concilier son envie de rehausser les valeurs de la boîte, deux enfants difficiles, ses amies et sa belle-mère, la jeune femme tombe en plus amoureuse d’une des stars de film hard. Quelques scènes méritent vraiment de s’arrêter, les dialogues sont parfois cinglants et accrocheurs (à prendre les tournages où l’acteur tente d’ajouter du jeu dans la scène). On aurait aimé retrouver un humour encore plus corrosif, mais la série s’en sort bien et finit par trouver son ton propre, à la fois touchant et décalé. C’est ce qui manquait aux séries françaises et que canal est en train de développer : le ton à la Française (que ce soit l’humour ou le suspens) sur des principes et des idées nettement plus américaines.
     Je clos cette petite promenade par une série Britannique, vraisemblablement l’une des meilleurs sur la longueur : MI5 (ou the Spooks en VO). Pas difficile de comprendre le sujet, le MI6 s’occupe des méchants extérieurs en envoyant James Bond détruire l’ennemi, le MI5 veille à la sauvegarde de l’île depuis l’intérieur. Depuis six saisons, le spectateur suit la cellule de défense intérieure dans des missions toujours plus périlleuses. Le grand atout de cette série réside dans la constante évolution des protagonistes. De la saison 1, l’équipe de MI5 n’a conservé que le patron Harry et un ingénieur qui prend de plus en plus de risque au fil des aventures. A comparer l’évolution, on note aussi une tension croissante, des enjeux toujours plus importants, une internationalisation de l’activité. Les premières missions font à présent un peu « amateur », alors que les équipes étaient plus conséquentes, le danger restait minime, la saison 6 s’oriente dans la surenchère, le conflit avec l’Iran, une équipe minimale et des dangers qui approchent du James Bond. Pourtant l’attrait est intacte. Les personnages ne restent jamais sur le devant. On s’attache un temps et on découvre brutalement qu’untel doit disparaître, fuir dans un pays pommé pour passer pour mort. Tom Quinn s’en va après 3 saisons (Matthew Mc Fadyen a par la suite joué dans Orgueil et Préjugés, puis Joyeuses Funérailes), Zoé elle aussi a du fuir après 3 saisons (au bonheur de l’actrice Keeley Hawes qui a tourné ensuite dans Tournage dans un Jardin Anglais ou Joyeuses Funérailles). On rêve de voir débarquer un jour ces personnages du début, mais ça n’arrivera pas, puisque la série a aussi l’élégance de miser sur le réalisme. On n’atteint jamais le clinquant et la surenchère d’un 24Heures Chrono quand bien même la tension de la saison 6 y fait songer. La paranoïa augmente, chaque personnage semble jouer de dualité. Les Américains en prennent pour leur grade, le gouvernement Anglais aussi, les Iraniens, quoi que plus complexes que dans les films Américains, sont tous tournés vers le terrorisme et une organisation secrète semble diriger les ficelles pour couronner l’ensemble. Les histoires de cœur prennent moins de place, l’humour qui pouvait exister s’amenuise, la série devient adulte avec ce que cela comporte de bons et de moins intéressants (un aspect quelque peu plus formaté). La mise en scène nerveuse et dynamique (division de l’écran, flash, et l’effet pause sur négatif) embarque le spectateur sans encombre. Chaque saison s’achève sur un suspens insoutenable où l’on finit par se ronger les ongles en se disant qu’il faut encore attendre une année (et la saison 6 ne fait pas exception). A suivre donc l’été prochain.

Publié dans Côté séries

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