Paris Cinéma, bilan et perspectives

Publié le par PS

http://www.pariscinema.org/data/document/pariscine2010_mupi_vecto.jpgParis Cinema s’est fini mardi 13 juillet, après dix journées de projections et d’évènements. Le Festival vivote depuis à présent bientôt dix années, tentant de trouver sa propre identité en mélangeant découvertes, cinéma d’auteurs et films grand public afin de contenter tous les Parisiens et d’attirer les spectateurs à une période assez délicate (juste dans la continuité de la fête du cinéma, en plein début de vacances et dans l’attente des résultats pour les étudiants).

Le choix du Japon comme pays à l’honneur était une très bonne idée. La cinématographie du pays était suffisamment riche, attrayante, mais souvent méconnue pour mériter un éclairage particulier. Avec une centaine de films, des rétrospectives de grands réalisateurs et des films inédits de nouveaux réalisateurs, ce fut un réel plaisir de pouvoir découvrir et piocher dans les séances du Japon. Chacun avait ainsi l’opportunité de découvrir des classiques de Kurosawa autant que des films jamais sortis en France et totalement déjantés comme le Symbol de Hitoshi Matsumoto.

A côté de ce pays, quatre personnalités étaient mises à l’honneur, quatre horizons bien différents entre le jeune acteur et réalisateur Louis Garrel, pour la jeunesse parisienne, la mythique Jane Fonda dont la plupart des films sympathiques de sa filmographie d’actrice oscillaient eux-mêmes entre longs métrages d’auteurs et films populaires, voilà qui permettait de toucher un public plus âgé et éclectique. Pour séduire les amateurs de films de genre, M. Night Shyamalan a aussi le droit à sa rétrospective avec en prime l’avant première de Dernier maître de l’air, tandis que les plus cinéphiles pouvaient déguster ou découvrir les films d’Eugene Green et le croiser arpentant les lieux du MK2 bibliothèque. Le grand écart entre ces quatre personnes révélait la volonté de Paris Cinema d’aguicher et de contenter tout le monde.


Selon les disponibilités, il était possible d’assister à bien des avant-premières, souvent de films sortant en juillet ou bien de films sélectionnés à Cannes (dont le palmarès en son entier). Toutes les avant-premières ne se valaient pas forcément. Ouvrant avec un Woody Allen peu original et concluant avec le léger Tamara Drew de Stefen Frears, comédie britannique plutôt drôle et souvent bien écrite mais qui se perd parfois dans les récits amoureux de sa protagonistes, Paris Cinema se résumerait dans les films en avant premières à ce constat de projections sympathiques et très variées.

Pour finir le panorama, la compétition officielle proposait huit films cette année, de tous les coins du monde, le plus souvent ayant été sélectionnés dans d’autres festivals auparavant. Peu de très gros coups de cœur cette année, une moitié de ces films n’était pas très originale, tandis que l’autre partie apparaissait comme plus prometteurs. Un film roumain pour la forme, If I Want to Whistle I Whistle intéressant mais ne laissant pas de gros souvenir, un film Thaïlandais, Mundane History, très réfléchi mais peut-être un peu abscond pour le grand public. Le Japon était bien représenté avec deux films très différents, le moyennement réussi Sawako Decides et le très esthétique mais plus classique Sweet Little Lies. La petite perle de fraîcheur de la sélection, Alamar, repart sans prix, mais demeure un des films les plus attirants par son rapport nouveau, son hybridation entre le documentaire et la fiction ainsi qu’un choix de réalisation réussi. Les trois derniers films seront repartis avec un prix. Peu de surprise dans ce palmarès. Le vœux du public est allé à Cleveland contre Wall Street, sans doute l’un des films les plus facile d’accès, bien réalisé, mais discutable dans le fond. Peu étonnant aussi si ce n’est par son doublet, le film Coréen La Rivière Tumen, dont la réalisateur Zhang Lu était sélectionné pour la troisième fois, a emporté le prix du jury et le prix étudiant, classique, bien mise en scène, mais un peu trop scolaire dans son intention et sa forme, il était prévisible que le film serve de consensus. Le prix le plus intéressant a été porté par un nouveau jury, le jury des blogueurs, belle idée de Paris Cinema qui consacrait ainsi ce nouveau média. Les sept blogueurs ont choisi de saluer Le Braqueur, film allemand assez brute et différent, grand public mais volontairement divergeant des films d’action américain. Le palmarès aura donc été relativement attendu, mais récompensant tous les cinémas possibles (film de genre, documentaire et film d’auteur).

37944 1477775977762 1034633742 31373200 4919574 nLe Festival Paris Cinema commence à prendre un rythme de croisière prometteur, malgré quelques fragilités et cet enjeu inhérent à tout festival de trouver une identité forte qui puisse marquer une différence. Ce qui est certain, c’est que les choix variés permettent de mettre en lumière toutes les perspectives d’un cinéma mondial en évolution. A suivre au prochain épisode.

Publié dans Atypique...

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