Portrait 1. Andrew Garfield

Publié le par PS

Andrew Garfield est encore tout jeune du haut de ses 27 ans, mais il y a dans son parcours quelque chose de singulier, laissant présager le meilleur pour ce comédien protéiforme. Ayant vécu entre les Etats-Unis et l’Angleterre, il suit des études de théâtres et reçoit même une première récompense en 2004 au Manchester Evening News Theatre Awards. Le garçon poursuit alors sa formation en accumulant des petits rôles dans diverses séries. Ces débuts relativement classiques donnent toutefois à Andrew Garfield une base solide en matière de jeu. En 2007, il débute au cinéma avec un second rôle dans Lions For Lamb de et avec Robert Redford ainsi qu’avec Tom Cruise et Meryl Streep. Rôle secondaire l’année suivante dans Deux sœurs pour un roi, de Justin Chadwick (réalisateur de plusieurs épisodes de MI5) et avec Eric Bana, Natalie Portman et Scarlett Johansson, il quitte le film géopolitique pour le film de costumes et découvre une direction d’acteurs différente. Difficile pourtant de se faire une place dans ces films derrière ces grosses têtes d’affiche. Mais voilà que John Crowley lui fait confiance et lui offre le premier rôle de son troisième film Boy A. C’est la révélation. Andrew Garfield joue à fleur de peau mais avec une certaine retenue émouvante. La même année, il tient un second rôle assez conséquent dans L’imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam et apparaît aussi dans le très bon Red Riding Trilogy. 2010 consacrera le lancement de sa carrière aux Etats-Unis en jouant le second rôle dans The Social Network de David Fincher et étant choisi pour incarner le nouveau Peter Parker de Spiderman de Marc Webb, dernier choix périlleux qui devrait lui permettre d’être complètement connu du public Américain tout en risquant de l’enfermer dans une catégorie de rôles. Andrew Garfield, discret et sérieux, mène une trajectoire éclaire enrichissante pour l’heure en ayant pu travailler avec quelques noms intéressants du cinéma (Redford, Gilliam, Fincher, mais aussi Spike Lee dans I’m here).

 

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Ce qui intrigue chez l’acteur, c’est cette capacité à se renouveler dans chacun de ses rôles sans succomber à l’envie de la performance à outrance, mais c’est également son origine particulière. La plupart des jeunes acteurs propulsés sur le devant de l’écran sont soi des esthètes ciné génique comme Zac Efron soit des gentils loosers indé (Michael Cera). Andrew Garfield vient d’autre part, s’inscrit dans une relative médiété et s’installe confortablement dans le cinéma avec cette possibilité de varier les rôles. Jeune adolescent fébrile et brisé dans Boy A, il apparaît dans The Social Network comme un homme brillant et sûr de lui. Pantomime amoureux et jaloux dans le Docteur Parnassus il se révèle un détective désabusé et ondulant dans Red Riding Trilogy. L’acteur sait faire oublier son âge, se rendre quelconque quand il le faut ou captivant à d’autres occasions. Il ne cherche pour l’heure pas trop à jouer, mais plutôt à incarner les personnages avec sobriété. Grand bien lui en fasse car en conservant cette discrétion un peu humble, il assoit tranquillement mais sûrement sa figure dans le paysage du cinéma. Et s’il convient de suivre le garçon qui reviendra en 2011 à l’affiche de Never Let Me Go, ce sera notamment pour observer la façon dont il aborde son futur statut de star avec le Spiderman, gros enjeux pouvant lui ouvrir les portes d’une belle carrière comme l’emprisonner dans une catégorie exploitant au final que peu le talent des comédiens. A suivre d’ici quelques années.

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